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dimanche 4 décembre 2016

Prisonnier en Saxe pendant 4 ans #1GM #Altengrabow

Le prisonnier en question est mon arrière grand-père, Désiré TROTEREAU, plus connu sous le prénom d'Henri.

Mon grand-père me parlait peu de son père, avec qui il ne semblait pas avoir de relations proches.
A l'entendre, son père n'était pas décrit comme quelqu'un de chaleureux.
Mais il s'agit là d'un avis, qui est loin d'être objectif, comme toujours quand on parle de la famille.

Comme pour les autres arrières grands-pères, je n'ai pas eu la chance de le connaître, au contraire de 3 de mes arrières grand-mères.

De ce Désiré, je ne savais pas grand chose et avait qu'une photo de lui pendant le mariage de mes grands-parents.
J'en ai découvert deux autres, il y a peu, dans l'album photo de ma marraine.

La première lors de son mariage en 1913:

La deuxième, lors de son arrivée au 89ème régiment en 1914 :


De sa fiche matricule, j'apprends les éléments suivants:

- Arrivé au corps le 3/08/1914.
- Parti en campagne le 12/09/1914
- Fait prisonnier à Varennes le 22 septembre 1914
- Interné à Alterngrabow - Avis du 12 avril 1915
- Rapatrié le 17/12/18 par Annecy
- Arrivé au D25 à Orléans le 22/12/18
Source: Archives départementales Loir-et-Cher  - lien d'accès au document 
C'est à ce moment, l'année dernière, que j'apprends que mon arrière grand-père fût en captivité du 23 septembre 1914 au 17 décembre 1918, c'est-dire pendant plus de 4 ans, et est revenu vers les siens plus d'un mois après l'armistice.

Altengrabow ou Altengrabau , camp de prisonniers 


Il est situé à Dornitz, près de Magdebourg, en Saxe, à environ 90 km de Berlin.

En allant sur Wikipédia, je découvre rapidement le nom de Maurice Chevalier associé à ce camp.
Il y fut en en effet prisonnier de 1914 à 1916 après avoir été blessé sur le front.

D'après Wikipédia (à vérifier), ce camp contenait des milliers de prisonniers venant des quatre coins de l'Europe. Une vie marginale se crée dans le camp, gérée en grande partie par les prisonniers eux-mêmes. Ils assurent la bonne distribution de la nourriture, ont leurs propres infirmiers et formes de divertissement. Une scène est improvisée sur une petite estrade pour déjouer l'ennui du camp, sur laquelle se produit Maurice mais également d'autres détenus artistes. Maurice, ayant été vu sur scène en France par des infirmiers français du camp, est formé par ceux-ci et devient "pharmacien" du camp Maurice s'occupe ainsi des cas bénins dans les baraques du camp et des malades à l'infirmerie. 
Durant l'été 1915, une épidémie de fièvre typhoïde ébranle le camp et l'infirmerie est débordée. Durant cette période, Maurice est au chevet de nombreux malades.

Mon aïeul Désiré l'a t-il connu? A t-il été soigné par Maurice?

D'une autre source (L'encrier du Poilu), j'apprends que ce camp est celui qui, dès 1916, a "accueilli" des prisonniers de confession israélite. L'étoile de David est d'ailleurs imprimée sur les courriers à destination des familles.
Les prisonniers étaient des militaires (environ 12 000 Français, Russes, Anglais et Belges), mais on trouvait aussi des civils (médecins, sanitaires, écclésiastiques).Dans ce camp existait un journal "Les âmes libres" (jusqu'en 1915) puis dès 1916 "L'exilé".


Une carte postale colorisée est d'ailleurs disponible sur ce site qui permet de voir à quoi ressemblait le camp où vécut mon arrière grand-père pendant 4 ans.

Lien vers la source

Dans l'extrait d'un livre mis en ligne, j'en apprends encore plus sur la vie dans ce camp de prisonniers et sur ce qu'a subit Désiré!
Source : 
"En captivité. la vie que nous y menons" ; Lettres et récits de soldats français, belges et anglais, prisonniers en Allemagne by Montvert, J., pseud.
Published 1915Topics World War, 1914-1918
Mon grand-père a t-il été au courant de cet épisode douloureux dans la vie de son père? Je ne le saurais pas.
Il était très discret sur la famille et son histoire, même si mes recherches l'amenaient de plus en plus à en parler.
En tout cas, les petits-enfants de Désiré ne connaissaient pas ce passage de sa vie.

C'est toujours sur cet épisode, que je reviendrai très bientôt, et sur ce que j'ai découvert récemment.

Et vous, vos aïeux ont-ils été prisonniers pendant la 1ère guerre mondiale?


jeudi 9 juin 2016

H comme Henri et Hyppolite, prénoms d'usage, mais aussi Héritage! Défi triplement relevé!

Pour cette lettre H , je vais vous parler de mon arrière grand-père Henri Trotereau, aïeul dont j'ai l'impression de ne pas connaître grand chose, et de son père, Hippolyte.
 
S'il vous venait l'idée de chercher les actes de naissance de ces 2 aïeux, père et fils, vous ne les trouveriez pas...tout simplement car ils n'existent pas.
 
Enfin des actes existent bien, mais pas avec les mêmes prénoms.
 
- Henri est né le 5 février 1888 à Mennetou-sur-Cher (Loir-et-Cher) sous le seul et unique prénom de Désiré,
- Hippolyte est né le 22 avril 1855, au lieu-dit "Les Quenets" à Saint-Loup sur Cher (Loir-et-Cher) sous les prénoms suivants: Paul Jean-Baptiste Sylvain.
 
S'agit-il d'une tradition familiale d'utiliser un prénom qui ne fait même pas partie des prénoms mentionnés dans l'état civil?
 
- Pour revenir à mon arrière grand-père, il a toujours été surnommé Henri par ses proches, mais pourquoi? Était-ce en mémoire d'un proche disparu ou d'un prénom qui ne lui convenait pas?
Excepté un cousin qui portait ce prénom, et né la même année que lui, je n'ai pas de pistes....
 
- Concernant son père, j'avais eu l'occasion, lors de la rédaction d'un article, de découvrir qu'un recensement effectué en 1866 à Mennetou-sur-Cher, Paul était mentionné comme Hippolyte!
Le recenseur faisait-il preuve de rigueur? Prenait-il pour "argent comptant" les informations que lui communiquait la famille...?
De plus, il n'était même pas considéré comme le fils car il était le beau-fils du chef de famille, sa mère s'étant remarié. Il est indiqué comme domestique de son beau-père à 10 ans!
Pourquoi Hippolyte? était-ce pour rendre hommage à Hippolyte CADOT, son oncle maternel? un autre mystère...

Paul TROTEREAU lors de son service militaire - collection personnelle.
Cet article est l'occasion de revenir sur l'Héritage du père de Paul, Silvain.
Lors de l'inventaire après-décès de Paul TROTEREAU en 1910, il est fait mention de le la succession et de l'héritage ainsi obtenu de son père, qu'il n'a jamais connu: lien vers l'article.

Ainsi, je relève 3 fois ce challenge avec une mention "triple H" :-))

Et vous, quels sont les surnoms de vos aïeux?


mercredi 11 novembre 2015

Movember, moustaches...et mes ancêtres dans tout ça?

Parce que c'est le mois de novembre..., il est nécessaire de parler de la moustache!

Qui dit novembre...
qui dit moustache...
=  dit Movember.

Le mouvement Movember pousse les hommes à adopter la moustache durant le mois de novembre pour sensibiliser aux cancers masculins (https://fr.movember.com/about/foundation) (http://mobro.co/benetit92 @movemberfra).

Puisque je n'ai toujours pas essayé de porter la moustache, c'est le moment où jamais.

Qu'en est-il de nos aïeux?
Puisque vous l'aurez remarqué : Que de moustaches sur nos photos anciennes du début du XXème siècle.

Ainsi, dans cet article, je vais lier photo, généalogie et moustache.
Tout cela va me donner un article illustré ou sévèrement poilu!

Sur les photos jaunies des soldats de 1914-1918, conservées précieusement dans les familles, les visages portent souvent moustache.

La moustache est devenue, au XIXe siècle, un attribut indispensable dans l’armée. 
Le militaire moustachu est l’image même de la virilité, à la fois de par son métier, son uniforme et son apparence physique.
Le terme "Poilu" est devenu un incontournable de la Grande Guerre. Il y a quelques années, les rares anciens combattants encore vivants étaient qualifiés de "derniers Poilus", et nombreux sont les livres sur le conflit qui l’utilisent dans leur titre.  

"Etre un poilu", "avoir du poil" signifie ne pas avoir froid aux yeux : une fois de plus, la pilosité est synonyme de virilité. 
Le mot fait son chemin dans certaines casernes françaises au XIXe siècle et va obtenir un grand succès pendant la Grande Guerre. 
Mais ce succès est ambigu : dans un premier temps, le combattant français ne s’appelle pas lui-même "Poilu". Ce sont les civils, les journalistes, bref les non-combattants qui utilisent d’abord le terme, en hommage à leurs défenseurs. 
Ceux-ci vont soit rejeter "Poilu", comme un mot artificiel, soit l’adopter pour recueillir le respect qu’il suscite à l’arrière. Mais il garde longtemps un côté livresque et peu naturel et les soldats français utilisent fréquemment des termes plus neutres comme "les hommes" ou "les bonshommes".

Qu'en est-il chez mes aïeux?

J'illustrerai cette réalité du début du XXème siècle avec quelques photos de mes arrières grand-père.

  1. Commençons dans l'ordre "SoSa" avec Eugène PETIT qui arbore fièrement sa moustache lors de sa prise photographique vers 1919 à Paris, alors qu'il travaillait dans les ateliers de cycles à Boulogne Billancourt (92).

Collection personnelle Benoît PETIT

Eugène a ce qu'on appelle, une moustache "en guidon", longue avec les extrémités incurvées:


2. Maintenant c'est le tour de mon arrière grand-père, Marcel Arthur VIARD, dont je possède ces quelques photos:

La première photo date de la 1ère guerre mondiale.
Collection personnelle Benoît PETIT
 La deuxième date de 1920, et est extraite de son certificat de capacité à conduire obtenu à Nancy:

Collection personnelle Benoît PETIT


On observe facilement une moustache, mais qui semble assez discrète!

Pour cet arrière grand'pa, j'hésite entre la moustache "stylo" (au-dessus) ou "pyramidale" (en-dessous)

Je penche pour un Marcel plutôt pyramidal dans sa moustache...

3. J'aborde maintenant mes arrières grand-pères maternel, dont le premier est Désiré TROTEREAU, surnommé Henri (on ne sait pourquoi)!

La première date de son mariage en 1913 à Saint-Laurent, dans le Cher.
Collection personnelle Benoît PETIT
 La seconde date de la première guerre mondiale, sûrement avant son emprisonnement en Allemagne:

Collection personnelle Benoît PETIT

Désiré a la moustache assez touffue, pourrait-on dire.
On peut la qualifier de moustache "à la morse" (comme l'animal) ou de moustache brosse.

4. Pour terminer la série des "Grand-papa Moustaches", vient le tour d'Eugène Jean-Baptiste PREHAU.
Cette photo date de 1912, lors de mariage avec Marguerite à La Celle-Condé (18).

Comme pour Marcel précédemment, je penche pour une moustache pyramidale.
Collection personnelle Benoît PETIT
 Et vous? vos aïeux sont-ils de fiers moustachus?