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jeudi 2 avril 2015

Les gémeaux de Saint-Mihiel #Meuse

Après avoir reçu une alerte +Geneanet sur mon ancêtre François MAURY, je m'en vais regarder l'arbre de la personne ayant fait des découvertes à son sujet.
J'y trouve alors ses dates de naissance et de décès...
bon, ok...mais rien sur la source...?

C'est alors que la curiosité du généalogiste passionné qui ne peut s'empêcher d'attendre déboule pendant que la fatigue guette et que le lit m'attend.

Faisant fi de ma fatigue, hop: direction http://archives.meuse.fr 

Je trouve très rapidement le registre des baptêmes de la commune de Saint-Mihiel censé contenir l'acte de baptême de François né a priori le 9 mars 1716.

Bingo!
Page 52 du registre, je tombe sur un acte de baptême.
Sauf qu'il n'est pas le seul mentionné sur l'acte : y est aussi indiqué un certain Jean-Baptiste.

En effet, Nicolas est le 2ème enfant né le même jour et juste après Jean-Baptiste.
Archives Meuse page 52  1713-1722     Cote : Original abs (en commune)
    SAINT-MIHIEL
Le 10e a été baptisé jean baptiste, né
le 9e et francois a receu les ceremonies
du bapteme le meme jour dixieme et
né aussy le 9e enfant gemeaux a
Nicolas maury et a marie husson
de Menonville parein de Jean baptiste
Jean Maury la mareine Marie Fatolot
tous deux de han le parein de francois
francois viriot La mareine jeanne Maury
de pichonnay qui ont signé

Il est curieux de voir le terme de "gemeau" au lieu de "jumeau" mais cela a de toute façon la même signification, même si aujourd'hui le premier a seulement une signification astrologique.

A la lecture de l'acte, je suppose que mon aïeul est arrivé le 2ème, et il porte, comme le plus souvent, le prénom de son parrain.

Vous arrive-t-il souvent de tomber sur des actes de baptêmes de jumeaux avec des mentions insolites notamment?


dimanche 14 septembre 2014

Les FARNI (Farnier) , marcaires suisses?


Suite à mon article sur mes ancêtres VIBRAC, marcaires de profession, je me penche aujourd'hui sur mes aïeux dénommés FARNIER.

Pour rappel, mon ancêtre Jean VIBRAC s'est marié le mardi 3 mai 1729 à Rigny-la-Salle (Meuse) avec Madeleine FARNIER.
Elle est dite fille d'Etienne et d'Agatte ALLERY.

A ce jour, je n'ai pas retrouvé son acte de baptême.
Elle est supposée être née aux alentours de 1703.

Qui sont ses parents?

Son père, Etienne FARNI (et non FARNIER) est mentionné dans l'acte de mariage d'Agatte FARNI, soeur de Madeleine, avec Jean RIBISé le 25 février 1710.
Etienne est alors présent et sa profession indiquée est celle de Marcaire.
Son lieu de résidence est celui de La Voyvre, écart de Vaucouleurs, que j'ai mis beaucoup de temps à retrouver. Heureusement, les cartes de Cassini m'ont été d'une précieuse aide.
Il est curieux qu'un marcaire, domestique qui s'occupe des vaches et du fromage dans les Vosges, se retrouve, dans la Meuse.

Etienne FARNI, avec son épouse Agatte ALLERY, ont eu, au  moins, une dizaine d'enfants:

- mon ancêtre, Madeleine FARNIER, née vers 1703
- Agatte FARNIER, mariée le 25 février 1710 à Vaucouleurs avec Nicolas RIBISé (VIBRAC),
- Antoine FARNIER marié le 11 février 1721 à Vaucouleurs avec Madeleine DEVILLE,
- MarieMarie FARNIER Mariée le 30 juillet 1730 à Rigny-la-Salle avec Claude ADENOPHE,
- Marie FARNIER Mariée le 18 janvier 1734 (lundi) à Rigny-la-Salle avec Pierre BERTE,
- Nicolas FARNIER ca 1710- Marié le 29 janvier 1737 à Rigny-la-Salle avec Anne Marguerite ETIENNE 1704-
-  Barthélémy FARNIER, né le 26 juin 1710 à Vaucouleurs, marié le 17 septembre 1749 (mercredi) , Ochey,54405,Meurthe-et-Moselle,Lorraine,FRANCE, avec Anne VOILQUIN 
- Jean FARNIER (1685-1750),  marié le 8 janvier 1716 (mercredi) à Rigny-la-Salle, avec Françoise FABIN (1690-1768),
-  Sébastienne FARNIER (1698-1786),  mariée le 3 janvier 1719 à Rigny-la-Salle, avec Alexis ETIENNE 1697-1754,
-  Catherine FARNIER (ca 1700-ca 1770),  mariée le 15 février 1729 à Rigny-la-Salle, avec François CHATELAIN ca 1695-/1755, mariée le 10 janvier 1757 à Rigny-la-Salle avec André COUSIN,
-  Joseph FARNIER 1712-1722
-   Gaspard FARNIER 1714-1715


Sur les arbres mis en ligne sur Généanet, certains cousins généalogiques mentionnent l'information suivante:
"Les farnier quittent leur région d'origine (la suisse) vers 1688. Etienne avec son épouse agathe Larriere ou Allery et un petit garçon de deux ou trois ans (Jean) s'installe à Rigny-la-salle comme Marcaire".

Mais là encore, pas de sources!
Je n'ai pas encore dépouillé toutes les tables, mais a priori, rien ne mentionne cet évènement.

Ce qui semble sûr est que Etienne FARNI (Farnier) et Agathe ALERY sont la base d'une lignée de fondeurs de cloches, comme le montre l'article écrit par M. Douche "La saga de la famille FARNIER".

Je le découvre, en rédigeant le présent article, mais M. Douche confirme mes dires :
http://www.clocherobecourt.webou.net/Robecourt/Images/General/Saga%20FARNIER.pdf
Par contre, rien sur l'origine suisse des FARNI.
Cependant, sur Geneanet, dans l'origine du patronyme, on peut lire ceci:
" Porté en Alsace et dans la Moselle, également présent en Suisse, semble correspondre à Fahrni (voir ce nom). Variante : Farni."

Le patronyme Fahrni:
"Originaire de Suisse alémanique, c'est sans doute un dérivé du verbe allemand "fahren" (= aller, conduire, passer), qui devrait correspondre aux noms Fahrer, Fahrner (= conducteur, passeur). Attention cependant : Fahrn peut être une variante de Farn (= fougère), et donc un toponyme." 

Mes ancêtres Farni seraient donc alsaciens ou suisse d'origine.
Me reste à trouver le chaînon manquant entre la Suisse et Vaucouleurs.
FARNI, et non FARNIER : c'est ainsi qu'est finalement écrit le patronyme sur les registres de Vaucouleurs.

Le plus ancien acte trouvé à ce jour sur les FARNI est l'acte de baptême de Marie FARNY, fille d'Etienne et Agatte, baptisée à Vaucouleurs le 25 février 1707.
Archives départementales de la Meuse - pages 107 - VAUCOULEURS > Baptêmes, Mariages, Sépultures Cote 2 E 546 (2)
"Marie fille Legitime détienne farny marcaire de Lavoivre
et d'Agatte harlin son epouse née le vingt cinq et Baptizée
le vingt six feuvrier mil sept cent sept a eu pour parein
Michel Feuinder Jeune homme et pour maraine Agatte
farny aussy Jeune fille Laquelle seul a signé signé M.
Louis Laurent vicaire et Farny"

Etienne Farny est toujours mentionné comme marcaire de La Voivre.
Idem le 17 décembre 1709 lors de l'inhumation de sa fille Jeanne à Vaucouleurs.

Etienne et Agatte semblent vivre dans une communauté de marcaires, comme l'attestent les actes de baptêmes de Barthélémy et Nicolas le 26 juin 1710.
Archives départementales de la Meuse - pages 167 - VAUCOULEURS > Baptêmes, Mariages, Sépultures Cote 2 E 546 (2)
"Barthelemy et nicolas Enfant Jumeaux fils legitime d'Etienne
farny marquaire de Lavoivre et de agathe harly son epouse né
et Baptisé Le vingt six Juin mil sept cent dix ont eu pour parrein
Scavoir Led. Barthelemy pout parrein Barthelemy Larier et
pour marreine francoise Lariere femme de melchior deville
et Led. Nicolas pour parrein Vinbiac et pour marreine marie
de ville femme de Barthelemy Lariere tous marquaire qui
ont declaré ne scavoir signer. Signé M. Jean lagny curé de vaucoul."

Tous les témoins sont marcaires et tous sont liés à "mes" Vibrac, mentionnés dans l'article précédent, et notamment aux De Ville. Un Vinbiac est mentionné : s'agit-il de mon ancêtre Vibrac?

Quant aux LARRIERE, ils seront le sujet de mon prochain article...

mardi 3 juin 2014

D comme Dominique SYMIAND, un montagnard devenu lorrain #challengeAZ

Mon ancêtre meusienne, Marguerite SIMEANT, née le 29 janvier 1705 à Fréméréville-sous-les-côtes, village de la plaine de Woëvre, est la fille de Dominique et Lucie CASSETTE (ou CASSOTTE).

Son patronyme varie beaucoup, selon les années et le curé qui officie dans la paroisse:
Simian, Simiand, Sumian, Siméant...
Le plus souvent, ces différences d'orthographes viennent d'une retranscription phonétique variant suivant l'oreille du curé. Cela rejoint d'ailleurs mon article du challenge A à Z de l'année 2013 portant sur l'orthographe du patronyme.

Ses parents, Dominique SIMIAND et Lucie CASSETTE, se sont mariés à Fréméréville quelques années auparavant, le 28 novembre 1702 très exactement.

Archives Départementales de la Meuse - page 44 -  FREMEREVILLE > Baptêmes, Mariages, Sépultures
1685-1759    Cote E dépôt 145 (1 E 1)
 "Lan mil sept cent deux le vingt huitième (---?) de ladite année
après avoir publié cy devant trois bans au prosne de la messe
paroissial (---?) la première lonze le second le dix neuf 
et le troisième le vingt cinq dudt. mois entre dominique symiand
fils de demenge symiand et de Marguerite arnould paroissien
de St Laurent du Cros diocèse de gap ledit par sa legalization receue
a l'ordinaire de Toul
et Lucie Cassotte originaire daulnoy
en pertois dont ... ont ..........aussi audit lieu....
et par attestation de monsr(monseigneur) ... dudit lieu a daté du sept
nbre de laditte année sans qu'il y ay eü opposition ny empechement"...


Archives Départementales de la Meuse - page 44 -  FREMEREVILLE > Baptêmes, Mariages, Sépultures
1685-1759    Cote E dépôt 145 (1 E 1)
"quelconque Je soussigné Jean Thirtion pretre et curé de fréméréville
ay recü leur mutuel consentement et leur ay donné la
benediction nuptial avec les ceremonies ... par la
sainte Eglise en présence de guillaume et honoré Joussoud
cousins germains du dit dominique qui ont signés avec moy
à l.... de son pere et de sa mere......"
Archives Départementales de la Meuse - page 44 -  FREMEREVILLE > Baptêmes, Mariages, Sépultures
1685-1759    Cote E dépôt 145 (1 E 1)
Lors de mes recherches pour cet article, je n'ai pas trouvé trace de la profession exercée par Dominique SYMIAND. Comme pour les articles à venir, je me suis demandé quelle pouvait être la raison de sa venue en Lorraine, à des centaines de kilomètres de Saint Laurent du Cros, paroisse des Alpes?

Ne pouvant disposer de recensements de cette époque, je me suis penché sur les témoins.
En effet, pour un "étranger" de la paroisse, Dominique dispose tout de même de deux cousins germains présents à son mariage.
J'ai alors trouvé, grâce à +Geneanet , et en vérifiant sur le site Internet des archives départementales de la Meuse, des informations sur ses deux cousins.
Guillaume et Honoré JOSSOUD sont tous les deux établis et mariés avec des enfants à Mécrin, proche de Fréméréville.
Là encore, je ne leur ai pas trouvé de profession.
Toujours est-il que leur patronyme semble originaire du département du Rhône.

Je peux alors supposer que Dominique SYMIAND est venu travailler ou rejoindre ses cousins en Lorraine? Pour fuir les famines qui ont sévies entre 1692 et 1694?

L'épouse, Lucie CASSETTE, n'est pas non plus originaire de la plaine de Woëvre, mais d'Aulnois en Perthois, village meusien proche de Bar-Le-Duc.
Grâce aux signatures présentes à la fin de l'acte de mariage, j'ai repéré un Estienne Moriot.
J'ai découvert grâce à Family Search qu'il s'était marié en 1692 à Fréméréville avec Marguerite CASSETTE, qui semble être la soeur de notre mariée.

Nos mariés se seraient sûrement rencontrés à Fréméréville grâce à leur famille respective.

Le prêtre nous indique la paroisse d'origine de Dominique, mais est-ce la réalité?

Eh bien oui! J'ai retrouvé l'acte de baptême de Dominique dans la paroisse de Saint Laurent du Cros en date du 8 janvier 1776, comme suit:
  page 25 Archives en ligne Hautes-Alpes Saint-Laurent-du-Cros Baptêmes, Mariages, Sépultures 3 E 6682 (GG 1)

1674-1678
 "Le huitieme janvier mil six cent septante six
a esté baptise dominique Symiand fils
(naturel?) de dominique et de Mary Arnoul
...à feu anthomie? né le mesme jour ..parrain
Lauran arnou ..baillage de Tollon et...
Martin ...tous de St Lauran du Cros
...les dit aman n'ont ..."

Encore des découvertes à venir?

Merci d'avance pour vos aides en retranscription





lundi 2 juin 2014

C comme Crainvilliers, village d'origine de François MIROUEL #challengeAZ

Mon ancêtre François Mirouel s'est fiancé le 16 janvier 1758 à Catherine Laurent devant le prêtre de Gironville-sous-les-côtes, petit village de la Meuse, connu pour son église fortifiée.

Source: Sortir en Lorraine
Cette belle église est décrite sur le site bien documenté : "la Lorraine se dévoile".

Que nous dit l'acte de fiançailles de François et Catherine?
"L'an mil sept cent cinquante huit
le seize janvier, François Miroüel fils du Sr (Sieur)
françois Miroüel et de Damoiselle Marianne
Heuriot de la paroisse de Crainvillier d'une part
et Catherine Laurent fille du Sr Joseph
Laurent, et de M.lle Catherine Defoug
Marchand habitant de Gironville d'autre
part ; après avoir obtenû permission de
Monseigneur l'Evêque Comte de Toul de
fiancer la veille de leur mariage en datte du
trois janvier mil sept cent cinquante huit
se sont promis mutuellement de se marier
ensemble le plus tôt que faire se poura, et au
lendemain au plus tard ; Lesquels promesses
Et fiançailles ont reçëûs et bénies par moi
prêtre curé soussigné ; En présence du S.r
fançoic Mirouël pere du fiancé et du sieur
Pierre heuriot oncle et parrein dudit
fiancé, du S.r joseph laurent pere a la fiancée
et S.r Claude Laurent aussy pere a la fiancée
et du S.r Claude Laurent aussy son oncle qui
ont signé avec lesdits fiancé et fiancée avec moy."

Le fiancé est dit originaire de Crainvillier, ou plutôt Crainvilliers, paroisse se trouvant actuellement dans le département des Vosges, à côté de Contrexéville et de Vittel, à un peu plus de 100 km de Gironville.
Les parents sont qualifiés de Sieurs et Demoiselles : est-ce un signe de rang social? ; sûrement puisque Joseph Laurent, le père de la fiancée est dit marchand.
François Mirouel est peut-être venu à Gironville pour y faire des affaires et a connu sa future épouse?

Une autre explication peut être envisagée si on lit attentivement leur acte de mariage ci-dessous: 

Archives Départementales de la Meuse page 92/348 GIRONVILLE Baptêmes, Mariages, Sépultures 1743-1792 Cote E dépôt 156 (1 E 2)
 "L'an mil sept cent cinquante huit le
dix septième jour du mois de janvier, après
avoir cy devant publié un ban au prône de
la messe paroissiale le jour de l'Epiphanie de
notre seigneur sixième janvier present mois
les parties ayant obtenu dispense des deux autres
de Monseigneur l'Evêque Comte de Toul en
datte du troisième janvier mil sept cent cinquante
huit, Entre françois Mirouël fils du S.r françois
Mirouël, et de D'amoiselle Marianne Heuriot ses
pere et mere de la paroisse de Crainvillier d'une
part ; Et Catherine Laurent fille du S.r Joseph 
Laurent, et de D'amoiselle Catherine Defoug
ses pere et mere de cette paroisse d'autre part,
sans qu'il y aut eü aucun empêchement ny
oposition, Je soussigné Messire Maurice..."

Archives Départementales de la Meuse page 92/348 GIRONVILLE Baptêmes, Mariages, Sépultures 1743-1792 Cote E dépôt 156 (1 E 2)
"Mirouël prêtre curé de laditte paroisse de Gironville
ay reçû leur mutuel consentement de mariage, et
leur ay donné la Bénédiction nuptiale, avec les
cérémonues prescrites par la S.te Eglise, en presence
du sieur françois Mirouel père du marié, du 
Sieur Pierre heuriot son oncle et parrein du
S.r joseph Laurent pere a la mariée et de S.r
Claude Laurent aussy oncle de la mariée
témoins qui ont signé avec moi, de même que le
marié, et son épouse qui ont aussy signé."

Au regard du patronyme du prêtre qui est le même que celui du marié, je suppose qu'il est un frère, un oncle ou cousin, ce qui expliquerait le mariage de François à Gironville.

Après vérification, il se trouve que le curé, Maurice Mirouel, est l'oncle de François. 
Il est, en effet, né en 1707 à Crainvilliers, et est décédé à Gironville en 1790.

L'acte de décès de Maurice va d'ailleurs dans ce sens:
page 327 Archives Départementales de la Meuse page 92/348 GIRONVILLE Baptêmes, Mariages, Sépultures 1743-1792 Cote E dépôt 156 (1 E 2)
"Décédé en cette paroisse le six février
mil sept cent quatre vingt dix a dix
heures du matin apres avoir reçu les sacrements
de Penitence d'eucharistie et d'exterme
onction agé de quatre vingt trois ans dix
sept jours Maitre Maurice Mirouel
prêtre et ancien curé de Gironville
originaire de la Paroisse de crainvillier
son corps a été inhumé ...lendemain dans le
cimetiere de cette Eglise avec les ceremonies
ordinaires, en présence de Maitre Nicolas
Mirouel Pretre et Curé du dit Gironville
de françois Mirouel laboureur audit
lieu tous deux ses neveux Paternels qui
ont signé avec maitre Joseph Gerard Pretre
et Curé de vertuzey et de      qui a 
fait l'inumation et avec plusieurs autres
curés et pretres présens"
http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/1_navigation.php
L'écriture de cet article m'a permis de découvrir et de préciser la généalogie de ces aïeux.
Je suis toujours curieux de savoir comment mes ancêtres ont pu se rencontrer et dans ce cas précis, il semble bien que ce soit l'oncle prêtre qui ait été le lien. Après, il ne s'agit bien sûr que de suppositions.
A très bientôt pour la découvertes d'ancêtres voyageurs...

dimanche 8 décembre 2013

Pierre MUTELOT, chevalier de la légion d'honneur

C'est en lisant l'article de Sophie sur la généablogueuse Selma Cayol, et son site "De la terre vers la mer", que j'ai redécouvert la base de données Léonore. Selma en parle d'ailleurs comme un de ses sites préférés.
Ce n'est pas la première fois que j'entends parler de ce site. Mais vu l'objet, je ne voyais vraiment pas quelle pouvait en être l'utilité à titre personnel et pour ma généalogie.
Quel aïeul ou ancêtre aurait-il pu avoir une décoration au titre de la Légion d'Honneur.
A aucun moment, je n'ai entendu dire qu'un ancêtre avait été décoré.
Cependant, pourquoi ne pas vérifier?
C'est ce que je fis le week-end dernier.
Mais par où commencer?

La recherche par patronyme me semblait d'avance trop difficile et longue, tellement j'ai de noms dans ma généalogie. Je préférais d'emblée la recherche par départements, puis par commune ; choisissant les communes où j'avais le plus d'ancêtres et où j'avais le plus de possibilités de trouver un ancêtre décoré.




Je commençais par le département de la Meuse, et la commune de Brauvilliers, qui a vu la naissance de mon arrière grand-mère, Fernande Gaillet : rien de concluant, à part de lointains cousins.
Puis je passais à la commune de Rigny-la-Salle, commune de naissance de Emilienne JACOB, mon autre arrière grand-mère. Et là...je vois le nom d'un ancêtre: Pierre MUTELOT.

Pourquoi ce nom, d'emblée, m'a sauté aux yeux?
Parce que lors de la préparation de ma visite des Archives Départementales de la Meuse à Bar-le-Duc au mois de mai, je souhaitais retrouver ses origines, et plus exactement le nom de son père.
En effet, Pierre est né en 1776 de père inconnu à Rigny-la-Salle.
J'aurais souhaité découvrir un jugement de tutelle, voire au mieux, la déclaration de grossesse de sa mère ; mais je n'eus malheureusement pas assez de temps.

Me voilà avec un ancêtre titulaire de la Légion d'Honneur. J'avoue que je ne m'y attendais pas.

Contenu du dossier de Pierre Mutelot:

Le dossier comporte 7 pages, comme suit:

Source: LEONORE
Cette première page m'apprend que Pierre Mutelot a été nommé chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur le 6 avril 1813.
Elle me confirme qu'il est bien né à Rigny-la-Salle le 15 octobre 1776.
Ce début de dossier m'indique surtout sa fonction, à savoir lieutenant de voltigeurs. 

"En théorie, le voltigeur est un soldat capable de sauter en croupe d'un cavalier afin d'augmenter sa mobilité. Napoléon s'est toutefois opposé à cette pratique car il estimait qu'elle était incompatible avec l'exécution des missions de la cavalerie. Il souhaitait toutefois que les voltigeurs soient plus mobiles que les autres fantassins. Pour cela, ils devaient être équipés d'un fusil plus léger, mais ce fut rarement le cas. Tout comme la compagnie des grenadiers, celle des voltigeurs était d'élite et la solde était aussi plus élevée. Les voltigeurs étaient généralement de petite taille. Ils portaient des cols de couleur jaune (chamois) et des épaulettes à franges vertes. Les voltigeurs pouvaient selon les circonstances agir comme éclaireurs ou protéger le flanc gauche du bataillon, le flanc droit étant défendu par les grenadiers." (source: Wikipédia)

Le tampon "mort" est présent en bleu sur le dossier.
Est-il déjà décédé en 1813, ou entre 1813 et le 29 juin 1819, date à laquelle a été signé le billet? Cette question sera résolue par la suite.

Au mariage de sa fille Catherine Mutelot, le 23 juin 1819 avec Joseph Louis Vibrac son père, Pierre Mutelot n'est pas mentionné comme étant décédé mais....absent! sans plus d'indications

Source: LEONORE

La deuxième page est la preuve d'identité de Pierre Mutelot: son extrait d'acte de naissance; acte que j'avais déjà trouvé sur les registres paroissiaux.

Ci-dessous le serment prêté par le chevalier à l'ordre de la légion d'honneur :

Source: LEONORE

Pour répondre à mon questionnement d'il y a quelques paragraphes, Pierre Mutelot était bien vivant en 1817 puisqu'il a signé ce serment. D'ailleurs c'est très important de découvrir qu'il savait écrire, ou tout du moins, signer, et cela donne encore un peu plus de vie à cet ancêtre à mes yeux.

Ci-après, le procès-verbal d'individualité présent dans tous les dossiers de la base LEONORE, qui résume la situation des membres de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur (justificatifs, situation personnelle...) :
Source: LEONORE
Mon ancêtre avait a priori malencontreusement perdu le brevet justifiant de sa nomination à l'ordre royal. Il a dû ainsi fournir une "déclaration sur l'honneur et circonstanciée de la perte de son brevet original et de la lettre d'avis de cette nomination".
Il est indiqué comme lieutenant de l'Infanterie de l'...la Garde....?

Passons dans le vif du sujet, et lisons attentivement l'état des services de Pierre Mutelot.
Source: LEONORE

Pierre est nommé Chevalier de l'Ordre Royal. 
Royal, puisqu'en 1817, la France est redevenue un royaume avec Louis XVIII qui instaura une monarchie constitutionnelle (période de La Restauration - de la monarchie). Mais les services rendus par Pierre ont eu lieu pendant la période Napoléonienne, soit avant 1814. Ceux-ci s'étalent entre 1809 et 1814.
En 1809, cela faisait déjà 15 ans que Pierre était marié avec Marie Anne DEROBE. Sa fille (mon ancêtre), Marie Catherine, avait l'âge de 10 ans.
Pourquoi Pierre est parti dans l'armée? par obligation? pour des raisons financières?
Sûrement à cause des guerres napoléoniennes...

Le détail de ses services est le suivant:

- Capitaine des gardes nationales sédentaires de sa commune pendant 8 années :

D'après wikipédia, "la Garde nationale est le nom donné lors de la Révolution française à la milice de citoyens formée dans chaque ville, à l’instar de la garde nationale créée à Paris. Dès le début de 1789, des villes et bourgs de province organisent des milices pour lutter à la fois contre les complots aristocratiques et les soulèvements populaires."
J'en déduis que Pierre fût chargé de la sécurité de la commune de Rigny la Salle de 1801 à 1809, et était donc sûrement craint de ses concitoyens.

Wikipédia m'apporte un autre renseignement : "Pendant tout le règne de Napoléon, les gardes nationaux ont servi de réserve à l'armée et ont été mobilisés au gré des guerres de l'Empire. 
Ainsi, lors de la reprise de la guerre contre la Prusse, le 17 septembre 1806, l'empereur ordonna la levée, le 23 octobre, de 3 000 grenadiers et chasseurs de la Garde nationale de Bordeaux pour renforcer la défense des côtes. 
Le décret du 12 novembre 1806, signé à Berlin, réaffirmait l'obligation de tous les Français âgés de 20 à 60 ans d'effectuer le service de la Garde nationale. Il en confirmait également l'incompatibilité pour ceux travaillant dans la fonction publique et dans l'administration ainsi que pour les ecclésiastiques. Les autres pouvaient se faire remplacer. 
Les compagnies de grenadiers et de chasseurs, composées d'hommes, si possible, de 20 à 40 ans, pouvaient être appelées à effectuer un service intérieur dans les villes de plus de 5 000 habitants, ou un service militaire. Dans ce cas, elles étaient assimilées aux troupes de ligne."

Ces dernières informations m'expliquent pourquoi Pierre a été enrôlé dans l'armée. Sa fonction municipale l'y a aidé. En 1809, Pierre avait 32 ans, et comportait les conditions requises pour être chasseur.

- Entré au service actif en qualité de Sergent major au 1er bataillon de la Meuse (Garde Nationale) le 29 août 1809,
- En cette qualité (sergent major?) au Régiment des Gardes Nationales de la garde du 1er avril 1810,
- au 7ème régiment des Voltigeurs de la Garde le 21 mars 1813,
- sous-lieutenant le 8 avril 1813,
- lieutenant le 14 septembre 1813,
- chevalier de la Légion d'Honneur le 6 avril 1813.

Quelle ascension fulgurante pour Pierre en 1813! Cela s'explique forcément par les campagnes menées...quelles sont-elles?
  • 1809, à l'armée de tête de Flandre sous les ordres immédiats de Monseigneur le Prince de Ponto Corvo et de Son Éminence le Duc d'Istrie,
Bessières, Jean-Baptiste, duc d'Istrie, 1769-1813:
Bessières, Jean-Baptiste, duc d'Istrie, 1769-1813, Buste, face - 1
Source: Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10207527g.r=duc+d%27Istrie.langFR
 N. C. V. Oudinot de Reggio, Général de Division, Né à Bar-le-Duc en 1792, Représentant du Peuple : [estampe] - 1
  • de 1810 à 1813 en Espagne, sous les ordres des généraux Dorsenne et Casarelly (Caffarelly?). 
Mon ancêtre a peut-être participé avec le Général Dorsenne au siège d'Astorga, tentative réussie de la prise de la ville d'Astorga par les Français du 21 mars au 22 avril 1810 lors de la guerre d'indépendance espagnole.
  • 1813 en Saxe et Silésie sous les ordres de S.M. l'empereur Napoléon,
  • 1814 dans l'Intérieur sous les ordres de S.M. l'empereur Napoléon.
Bref, des déplacements intenses!
Pierre a dû voir et vivre beaucoup de choses. Cela demandera des recherches de ma part, pour trouver les guerres auxquelles il a participé.
D'avance, je sens que ce sera passionnant et enrichissant pour ma culture historique.

Le bas de la page détaillant les services et les campagnes se finit comme suit:
Source: LEONORE

"Certifié véritable par nous membres composant le conseil d'administration 
dudit Régiment. Le présent état des services de Mr. Mutelot Lieutenant,
Fait à Sandillon Près Orléans le 24 mai 1814
signé Maillart Capitaine, Gallois Capitaine, Conus Sergent, 
et Cousseau chef de Bataillon, le Chevalier Gatté Colonel.
Vu par nous Sous Inspecteur aux Revues ayant eu l'Inspection
de ce régiment: à Paris le 19 septembre 1814. Signé Liégeand

Pour copie conforme à l'original
qui nous a été représenté pour
être annexé au procès-verbal d'Individualiré
Le sous Insp. aux revues..."



Duplicata, certificat de la Légion d'Honneur , Source: LEONORE

Que de trouvailles sur cet ancêtre!

Je n'ai pas encore trouvé la date exacte de décès de Pierre.
Je profite alors de cet article pour en savoir un peu plus, étant curieux de l'âge de son décès.

Je sais simplement qu'il est décédé entre 1838 (année de décès de sa femme, Marie Anne DEROBE) et 1854 (année de décès de sa fille Pauline Antoinette), et qu'il n'est pas décédé à Rigny-la-Salle. A-t-il déménagé après le décès de sa femme...?

Grâce au site de dépouillement "Meuse Archives", j'ai pu découvrir que Pierre Mutelot était décédé à Sorcy Saint Martin dans la Meuse, non loin de Rigny la Salle, et où résidait son fils Charles Hyppolite.
Archives départementales de la Meuse - Cote 2 E 507 (13)  page 206
"L’an mil huit cent quarante cinq, le six mars, à
quatre heures du soir. Devant nous Jean Baptiste Hyppolite
Merclier, Maire et Officier de l’état civil de la commune de
Sorcy, arrondissement de Commercy, département de la Meuse, sont
comparus les sieurs Charles Hyppolite Mutelot âgé de trente neuf ans,
charron, domicilié à Sorcy, fils au décédé, et Dominique Protais
Gervais, propriétaire, domicilié à Sorcy, non parent, âgé de soixante
sept ans ; lesquels nous ont déclaré que cejourd’hui, à une heure après
midi, le sieur Pierre Mutelot, âgé de soixante huit ans, chevalier
de la Légion d’Honneur, né à Rigny-la-Salle (Meuse), domicilié
à Sorcy, fils de défunte Anne Mutelot, décédée audit Rigny,
veuf de défunte Marie Anne Dérobe, décédée audit Rigny,
est décédé en cette commune.
Sur cette déclaration, nous susqualifié nous sommes
transporté au lieu indiqué, où nous avons vu et reconnu le cadavre
du prénommé Pierre Mutelot, et nous étant ensuite rendu en la
Maison commune, nous avons écrit sur le champ le présent
acte sur les deux registres à ce destinés, en présence des deux témoins
et déclarant qui l’ont signé avec nous après lecture et collation."

Malgré toutes ses pérégrinations militaires, Pierre est tout de même décédée à l'âge de 68 ans. En effet, je ne pense pas qu'il soit revenu de ces différents voyages sans blessures, ni traumatismes...

Conclusion:
La rédaction de cet article, comme d'habitude, m'a permis de découvrir et d'approfondir la connaissance de mes ancêtres mais aussi l'Histoire en général.

Merci d'avance pour votre lecture