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dimanche 5 juillet 2015

X comme l'absence de père pour les enfants d'Eléonore, d'Anne et Jeanne #challengeAZ

Je reprends aujourd'hui un article du mercredi 17 avril 2013 "P comme Père inconnu...au bataillon!", écrit à l'occasion du premier #challengeAZ et qui liste les cas d'enfants naturels rencontrés dans ma généalogie.

"Après un article sur les enfants naturels, je ne pouvais louper le coche, sans évoquer la problématique du père en généalogie.

Je me souviens d'ailleurs, alors de la mention d'un curé de Badonviller en 1775 en Lorraine, ancien département de la Meurthe (54) qui dans un registre qui rappelait aux pères leur devoir de présence lors du baptêmes (cf. mon article "mais où sont les pères").

Je vais surtout aborder ici les cas de mes ancêtres nés sans père déclaré ou connu.

Mais oui, on est en droit de se demander: Où sont les pères??

Cachés, connus mais omerta du village et donc du curé dans la tenue du registre, mère rejetée, le père étant marié ou d'une autre catégorie sociale...beaucoup d'hypothèses peuvent être imaginées.

C'est pas tout ça, vous me direz, mais si je fais de la généalogie, c'est pour en savoir plus.
Seulement, comme dirait l'autre, les voix du seigneur sont impénétrables...!

Curieusement, et sûrement par hasard, les cas d'enfants nés de père inconnu, se trouvent du côté paternel! Dans le Berry et en Sologne, les pères se sentaient plus responsables ou moins fuyards...?

1) Le cas le plus récent: Anne-Marie Eléonore DUMANOIS 

J'ai déjà évoqué le cas d'Anne-Marie Eléonore dans un précédent article.
Elle fut "fille mère" à l'âge de 20 ans, d'une fille, Anne-Marie Léonie, née le 20 septembre 1868 à Koeur la Grande également, et donc née de père inconnue (malheureusement pour moi...car au XIXème siècle, il n'y a plus de déclaration de grossesse comme avant la Révolution, et donc je n'ai pas de possibilités d'avoir une trace du père).
9 ans après la naissance de Léonie, elle a accouché le 31 juillet 1877 de Louis Léon Guillaume, né également de père inconnu. Celui-ci est décédé à l'âge de 23 ans aux carrières d'Euville (Meuse), sûrement lors d'un accident.
En 1880 et 1883, elle a donné naissance à 2 autres enfants morts nés, également de père inconnu.
En conclusion, pour chaque enfant, le père était inconnu...homme marié??
2) Le cas de Pierre MUTELOT né le 15 octobre 1776 à Rigny la Salle (Meuse) de père inconnu

Archives Meuse - Rigny-la-Salle

Là non plus, pas d'indications...

"Pierre fils naturel d'anne Mutelot est né et a été batizé le quinzième du mois d'octobre de l'année mil sept cent soixante et seize. Il a eu pour parein pierre pemjean et pour mareine Elizabeth Mutelot, le parein a signé et la mareine a déclaré ne savoir signer."

3) Nicolas MONTIGNOT, enfant naturel né le 15 juillet 1734 à Rigny la Salle

Archives Meuse - E dépôt 329 (1 E 3)   "http://archives.meuse.fr/?id=recherche_guidee_etat_civil_detail&doc=accounts%2Fmnesys_ad55%2Fdatas%2Fir%2FEtat%20civil%2FFRAD055_EC.xml&page_ref=228827&unittitle=1730-1749&unitid=E%20d%C3%A9p%C3%B4t%20329%20%281"

"Nicolas, fils naturel de jeanne Montignot est né et a été abptisé le quinzième du  mois de juillet de l'année mille sept cent trente quatre et il a eu pour parrein nicolas Bistorin et pour marreine anne henry Epouse de Claude Benoit qui ont signé avec moy"
Possibilité de trouver une déclaration de grossesse chez un notaire...? mais dans quel périmètre?

D'après  le livre de Jean-Louis Beaucarnot "ABC de la généalogie", il est parfois possible de retrouver une précieuse "déclaration de grossesse". Pour éviter que certaines de ces mères, en situation de détresse, ne soient tentées de tuer leur enfant à la naissance, une ordonnance, prise sous Henri II et fréquemment rappelée par la suite, leur fit une obligation de déclarer officiellement leur état.
Malgré tout, beaucoup s'en dispensaient. Celles qui respectaient ce texte le faisaient souvent auprès d'un notaire, de préférence un peu loin de chez elles (10 à 15 km), dans des actes où elles racontaient les circonstances de leur séduction, en ajoutant souvent le nom du séducteur. Il ne s'agissait que de déclaratif cependant, sans témoignage contradictoire!"

dimanche 8 juin 2014

G comme Gondreville (54), paroisse des LE HEU #challengeAZ


Durant ce challenge 2014 dont le thème est "Partis loin de chez eux...", je vais vous proposer de continuer à me suivre ou plutôt de suivre les pérégrinations de mes ancêtres.
Ces ancêtres qui sont partis un peu peu plus loin, voire très loin de chez eux.
Pourquoi? pour le travail? pour des "épousailles"?
Je n'aurai pas forcément la réponse mais je compte sur votre assiduité et vos remarques, suggestions pour m'apporter des pistes nouvelles et faire disparaître certaines épines généalogiques.

Aujourd'hui, je vais vous parler de Gondreville, dans le département de la Meurthe et Moselle, d'où sont originaires certains de mes aïeux lorrains.

Des Villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui

Sur le site de la mairie de Gondreville, on peut retrouver l'histoire de la commune, à savoir que :
"Gondreville, village médiéval lorrain, dont les origines historiques remontent à l'époque gallo-romaine, est situé en Pays Toulois sur la rive droite de la Moselle entre Toul et Liverdun, à dix-sept kilomètres à l'ouest de Nancy. "

Le 57ème régiment d'infanterie en 1914 - http://raymond57ri.canalblog.com/
"Habitée dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, Gondreville doit son origine à Gondulf, Maire du Palais d'Austrasie de 600 à 612, qui possédait une métairie sur le site appelée alors «Villa regia de Gondulfi ». Le nom évolua en « Contravilla» puis « Contreville » et enfin Gondreville.
Les rois mérovingiens y établirent un palais. Charlemagne vint souvent chasser dans la forêt proche. Durant la fin du IXème siècle, plusieurs princes régnants séjournèrent en ce lieu. Puis les invasions des Normands et des Hongrois amenèrent la ruine du palais, abandonné pendant deux siècles.
En 1154, le Duc de Lorraine Mathieu 1er y construit un château fort et enferme le bourg dans ses remparts dont il reste encore quelques vestiges.

En 1477, la garnison de Gondreville prend part à la lutte contre Charles-le-Téméraire, Duc de Bourgogne, vaincu à proximité de Nancy par René II.
La résidence ducale fut habitée régulièrement, par les duchesses jusqu'en 1715, date à laquelle le Duc Léopold céda le château à son cousin Emmanuel de Lorraine, prince d'Elbeuf, qui construisit un édifice de plusieurs habitations.
L'église Notre-Dame de l'Assomption, édifiée en 1775 sur l'emplacement d'une ancienne chapelle du château, comprend des vitraux d'époque dans le choeur et de facture moderne dans la nef.
Au XVIIème siècle, une certaine prospérité était établie, mais comme dans toute la Lorraine, l'horrible Guerre de trente Ans, les épidémies et une atroce famine ravagèrent le pays. Une centaine de familles seulement, peuplaient encore le village vers 1680. Ensuite, il fallut plus de cent vingt ans pour qu'elle retrouve sa population de l'époque.
Gondreville fut, jusqu'en 1751, le chef-lieu d'une prévôté qui dépendait du baillage de Nancy et dont la juridiction s'étendait sur trente communes. L'ancien palais de justice situé rue du Château, possédait en face, une grosse demeure appelée maintenant « Maison des Dîmes», construite à la fin XVIème siècle qui était en fait, la recette de la prévôté, abritant la résidence du receveur et les greniers."

Gondreville est la commune d'origine de mes aïeux "LE HEU".

Mon ancêtre Nicolas MONTIGNOT de Rigny-la-Salle (Meuse) s'est marié le 12 février 1760 avec Catherine LEHEU à Gondreville, à quelques 23 kilomètres de chez lui.
Site Internet des archives départementales de Meurthe et Moselle - vue 86
"L’an mil sept cent soixante le douzieme jour
de fevrier apres avoir publié canoniquement les
bans de mariage entre nicolas fils de Jeanne
montignot de rigny La Sâle et Catherine fille de
feu pierre leheu et defunte catherine gerard de
gondreville pareille publication ayant été faite à
rigny La Salle sans aucune opposition ni Empechement
je soussigné prêtre et vicaire de gondreville ay
reçu leur mutuel consentement de mariage et
leur ay donné la benédiction nuptiale avec les
ceremonies ordinaires en presence de pierre barthelemy
et Jean marie tous deux aubergistes à gondreville
denis jamay dns les hopitaux de larmée
du bas rhin bourgeois de toul et Jean baptiste
maurice reecveur des octrois de la ville de toul
parents et temoins qui ont signé
nicolas montignot
catherine Le Heu
Jannay
P. Barthelemÿ
perrin vicaire de gondreville
"

En rédigeant cet article, je découvre également leur acte de fiançailles en date du 26 janvier 1760 :

"L’an mil sept cent soixante le vingt
sixième jour du mois de janvier nicolas montignot
fils de Jeanne montignot de la paroisse de
Rigny La Salle et Catherine fille de feu pierre le
heu et de défunte catherine Gerard de la paroisse
de Gondreville ont été fiancés et se sont promis
mutuellement de se marier ensemble au plus tard
dans quarante jours Lesquelles promesses ont été reçues
et bénites par moi prêtre et vicaire soussigné en présence
des temoins et parents aussi soussignés sçavoir pierre
barthelemi et Jean Marie tous deux aubergistes de gondreville
Jean humbert manœuvre du même lieu et nicolas
Jean maire manœuvre de Sexey les bois"

Comme pour d'autres ancêtres, pourquoi Nicolas s'est-il marié dans un lieu plus éloigné, c'est-à-dire Gondreville, et non Rigny-la-Salle, et comment aurait-il pu connaître Catherine?

Ce que je sais, c'est qu'il ne s'est pas marié dans l'urgence ; son premier enfant, Jean-Baptiste est né le 29 novembre de la même année à Rigny-la-Salle, sa commune d'origine où ils s'établiront.

Sur l'acte de mariage de sa fille, Marie Anne, en 1802, j'apprends que Nicolas était un tisserand, métier assez rude. L'était-il à plein temps ou que le temps de l'hiver? difficile à savoir...
Pour rappel, le tisserand transformait les fils de laine, de lin, de chanvre en étoffes.
Le tissage a longtemps constitué, pour le paysan d’Ancien Régime, un revenu d’appoint non négligeable.  Certains sont les propriétaires de leur outil de travail et produisent directement pour une petite clientèle locale, leurs voisins du village ou des alentours. Ils sont des milliers à travailler ainsi dans toute la France.
D’autres travaillent l’hiver pour des fabricants ou des marchands de la ville qui leur fournissent le fil, parfois même le métier, et les tisserands leur rendent toiles, draps et cotonnades.

Pour les besoins de son activité, je peux supposer qu'il devait aller à Gondreville, chercher de la matière première. Gondreville semblait être une ville d'échange et de commerce.
Anne Aubertin, passionnée de généalogie et d'histoire en Lorraine, fait référence à une foire qui se tenait à Gondreville, évènement qui aurait pu donner l'occasion à mes ancêtres de se rencontrer (lien vers son article).

[La foire de Gondreville] : [estampe] ([1er état]) / [Jacques Callot] - 1
La Foire de Gondreville, estampe, Jacques Callot - Source: Gallica