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dimanche 4 décembre 2016

Prisonnier en Saxe pendant 4 ans #1GM #Altengrabow

Le prisonnier en question est mon arrière grand-père, Désiré TROTEREAU, plus connu sous le prénom d'Henri.

Mon grand-père me parlait peu de son père, avec qui il ne semblait pas avoir de relations proches.
A l'entendre, son père n'était pas décrit comme quelqu'un de chaleureux.
Mais il s'agit là d'un avis, qui est loin d'être objectif, comme toujours quand on parle de la famille.

Comme pour les autres arrières grands-pères, je n'ai pas eu la chance de le connaître, au contraire de 3 de mes arrières grand-mères.

De ce Désiré, je ne savais pas grand chose et avait qu'une photo de lui pendant le mariage de mes grands-parents.
J'en ai découvert deux autres, il y a peu, dans l'album photo de ma marraine.

La première lors de son mariage en 1913:

La deuxième, lors de son arrivée au 89ème régiment en 1914 :


De sa fiche matricule, j'apprends les éléments suivants:

- Arrivé au corps le 3/08/1914.
- Parti en campagne le 12/09/1914
- Fait prisonnier à Varennes le 22 septembre 1914
- Interné à Alterngrabow - Avis du 12 avril 1915
- Rapatrié le 17/12/18 par Annecy
- Arrivé au D25 à Orléans le 22/12/18
Source: Archives départementales Loir-et-Cher  - lien d'accès au document 
C'est à ce moment, l'année dernière, que j'apprends que mon arrière grand-père fût en captivité du 23 septembre 1914 au 17 décembre 1918, c'est-dire pendant plus de 4 ans, et est revenu vers les siens plus d'un mois après l'armistice.

Altengrabow ou Altengrabau , camp de prisonniers 


Il est situé à Dornitz, près de Magdebourg, en Saxe, à environ 90 km de Berlin.

En allant sur Wikipédia, je découvre rapidement le nom de Maurice Chevalier associé à ce camp.
Il y fut en en effet prisonnier de 1914 à 1916 après avoir été blessé sur le front.

D'après Wikipédia (à vérifier), ce camp contenait des milliers de prisonniers venant des quatre coins de l'Europe. Une vie marginale se crée dans le camp, gérée en grande partie par les prisonniers eux-mêmes. Ils assurent la bonne distribution de la nourriture, ont leurs propres infirmiers et formes de divertissement. Une scène est improvisée sur une petite estrade pour déjouer l'ennui du camp, sur laquelle se produit Maurice mais également d'autres détenus artistes. Maurice, ayant été vu sur scène en France par des infirmiers français du camp, est formé par ceux-ci et devient "pharmacien" du camp Maurice s'occupe ainsi des cas bénins dans les baraques du camp et des malades à l'infirmerie. 
Durant l'été 1915, une épidémie de fièvre typhoïde ébranle le camp et l'infirmerie est débordée. Durant cette période, Maurice est au chevet de nombreux malades.

Mon aïeul Désiré l'a t-il connu? A t-il été soigné par Maurice?

D'une autre source (L'encrier du Poilu), j'apprends que ce camp est celui qui, dès 1916, a "accueilli" des prisonniers de confession israélite. L'étoile de David est d'ailleurs imprimée sur les courriers à destination des familles.
Les prisonniers étaient des militaires (environ 12 000 Français, Russes, Anglais et Belges), mais on trouvait aussi des civils (médecins, sanitaires, écclésiastiques).Dans ce camp existait un journal "Les âmes libres" (jusqu'en 1915) puis dès 1916 "L'exilé".


Une carte postale colorisée est d'ailleurs disponible sur ce site qui permet de voir à quoi ressemblait le camp où vécut mon arrière grand-père pendant 4 ans.

Lien vers la source

Dans l'extrait d'un livre mis en ligne, j'en apprends encore plus sur la vie dans ce camp de prisonniers et sur ce qu'a subit Désiré!
Source : 
"En captivité. la vie que nous y menons" ; Lettres et récits de soldats français, belges et anglais, prisonniers en Allemagne by Montvert, J., pseud.
Published 1915Topics World War, 1914-1918
Mon grand-père a t-il été au courant de cet épisode douloureux dans la vie de son père? Je ne le saurais pas.
Il était très discret sur la famille et son histoire, même si mes recherches l'amenaient de plus en plus à en parler.
En tout cas, les petits-enfants de Désiré ne connaissaient pas ce passage de sa vie.

C'est toujours sur cet épisode, que je reviendrai très bientôt, et sur ce que j'ai découvert récemment.

Et vous, vos aïeux ont-ils été prisonniers pendant la 1ère guerre mondiale?


dimanche 29 juin 2014

Y comme Ypres (Belgique), lieu de sépulture d'Auguste #challengeAZ

Durant ce challenge 2014 dont le thème est "Partis loin de chez eux...", je vais vous proposer de continuer à me suivre ou plutôt de suivre les pérégrinations de mes ancêtres.
Ces ancêtres qui sont partis un peu peu plus loin, voire très loin de chez eux.
Pourquoi? pour le travail? pour des "épousailles"?
Je n'aurai pas forcément la réponse mais je compte sur votre assiduité et vos remarques, suggestions pour m'apporter des pistes nouvelles et faire disparaître certaines épines généalogiques.
 
Ypres est le lieu de sépulture de mon arrière grand-oncle, Auguste CHEVALIER.
Il était le frère de mon arrière grand-mère Juliette.
Comme elle, il était né à Vouzeron, village solognot dans le département du Cher le 23 août 1892, du mariage de Jules Chevalier et de Marie Madeleine Veillat.
Archives départementales du Cher
Né en 1892, il était donc de la classe 1912 et d'après sa fiche matricule, il était bon pour le service armée. Celle-ci précise qu'il s'est mis en route le 9 octobre 1913 et arrivé au corps et soldat le 10 octobre sous le numéro matricule 3124.
 
Copie réalisée par les Archives départementales du Cher
Il avait les cheveux châtains foncés, les yeux bleus, un front large et le visage ovale, et mesurait 1m66 avec une cicatrice sur le côté droit du front.

Il avait été intégré au 3ème bataillon des chasseurs à pied.

Le 2 août 1914, il fût mobilisé.
Mais malheureusement, le 6 décembre 1914, il décéda des suites de ses blessures à l'hôpital n°15 de Poperinghe en Belgique.
Ci-dessous, le lien vers sa fiche sur la base des Morts pour la France:
 
Collection personnelle Benoît PETIT - Auguste CHEVALIER se trouve au milieu , 2ème à partir de la gauche (merci à Odile Cerveau)
Collection personnelle Benoît PETIT - Monument aux Morts de Vouzeron - Auguste CHEVALIER est inscrit sur la 2ème ligne
Je pensais qu'il avait été enterré à Vouzeron avec son père.
Mais j'ai découvert par la suite, grâce au site Mémoire des Hommes, que sa sépulture se trouvait à Ypres, à la


Ma cousine, Odile Cerveau, est allé il y a quelques mois à Poperinghe pour rechercher la tombe de notre grand oncle.
Grâce à elle, nous avons désormais une photo de sa tombe.
Photo prise par Odile Cerveau

Photo prise par Odile Cerveau

jeudi 19 juin 2014

R comme Réfugiés suite à la Grande Guerre #challengeAZ #1GM

Durant ce challenge 2014 dont le thème est "Partis loin de chez eux...", je vais vous proposer de continuer à me suivre ou plutôt de suivre les pérégrinations de mes ancêtres.
Ces ancêtres qui sont partis un peu peu plus loin, voire très loin de chez eux.
Pourquoi? pour le travail? pour des "épousailles"?
Je n'aurai pas forcément la réponse mais je compte sur votre assiduité et vos remarques, suggestions pour m'apporter des pistes nouvelles et faire disparaître certaines épines généalogiques.
 
C'est lors de mes recherches aux archives départementales de la Meuse en avril dernier que j'ai pu enfin me procurer l'acte de mariage de mes arrière grands-parents, Marcel Viard et Emilienne Jacob, qui se sont mariés à Euville (Meuse) le 11 novembre 1919.
Pour cause de registres en mauvais état, la mairie avait toujours refusé de m'envoyer une photocopie.
Mais le service des archives meusien a eu la bonne idée de rendre communicables, en salle, les registres d'état civil allant de 1902 à 1932.

Je n'ai pas fait de découvertes majeures en lisant leur acte de mariage.
Cependant,  cet acte m'a confirmé les renseignements suivants:
- que mon arrière grand-père avait été décoré de la Croix de guerre pour sa bravoure pendant la 1ère guerre,
- et qu'il exerçait la profession de représentant de commerce.

J'y ai appris, par contre:
- le nom de leurs témoins,
- mais surtout la résidence de l'époux, de sa mère et de son frère.
Ils sont tous mentionnés comme domiciliés à Bouconville-sur-Madt (où Marcel est né en 1891) mais réfugiés à Euville!
Archives départementales de la Meuse - 2E 189/18 1918-1922
Archives départementales de la Meuse - 2E 189/18 1918-1922
Oui, Réfugié!

Étant placé sur la ligne de front, non loin de Saint-Mihiel, la commune de Bouconville-sur-Madt fût partiellement détruite, comme l'explique cet extrait du Bulletin Meusien du 3 décembre 1915:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62382243/f2.zoom.r=bouconville.langFR
Le bulletin meusien était un organe du Groupement fraternel des réfugiés et évacués meusiens.

Suite aux exactions des allemands, des destructions des logements, la mère de Marcel Viard, Léonie Dumanois a du sûrement fuir Bouconville.
Pourquoi Euville? y-a-telle vraiment vécu? je ne peux pas savoir ; les recensements d'Euville disponibles sont seulement ceux de 1926 et 1931.

J'ai découvert que par une loi du 17 avril 1919, l'Etat a voulu favoriser la renaissance du pays d'avant-guerre. Les sinistrés sont alors incités à rebâtir un immeuble de même destination que celui détruit, dans un rayon n'excédant pas 50 km. Ils bénéficient alors d'acomptes et reçoivent un supplément d’indemnité qui tient compte de l’augmentation des prix pendant la guerre. Au contraire, s’ils renoncent à reconstruire, ils ne perçoivent que le montant de la perte. L’indemnité est fixée par des commissions cantonales.

Je ne sais pas si la famille Viard avait pensé reconstruire à Euville? Ce que je sais, c'est que Marcel Viard y a sûrement rencontré Emilienne, sa future femme, et que Léonie, la mère de Marcel est repartie vivre à Bouconville.
Quant à son frère, Achille, témoin à son mariage, gazé pendant la grande guerre, il fût envoyé dans un sanatorium en Gironde où il connut sa future femme et où il alla s'établir.

Enfin, ce 11 novembre 1919, se sont également mariés, Gillette Viard, la soeur de Marcel, et Paul Farque.
Pour des raisons économiques et pratiques, les 3 aînés de la fratrie Viard, Marcel, Gillette, et Achille se sont ainsi mariés tous les 3 le même mois.

jeudi 5 juin 2014

F comme Fernande GAILLET, partie trouver...son amoureux! #challengeAZ



Le jeudi 11 septembre 1919, le lieutenant-colonel du cadre de réserve Alfred Dreyfus est élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur lors d’une cérémonie de prise d’armes dans la cour des Invalides.
Rue du Faubourg Saint Martin, le même jour, Fernande Gaillet et Eugène Petit, mes arrières grand-parents, se marient devant l'adjoint au maire du Xème arrondissement de Paris, à savoir Roger Duprat.

Tous les deux meusiens d'origine, ils habitent ensemble au 4 rue des Petites Écuries, non loin de la mairie.
Si sur l'acte de mariage, Eugène est dit ajusteur de profession, Fernande est déclarée dans profession.
Eugène Petit - collection personnelle
Mon grand-père m'a pourtant raconté qu'elle travaillait comme cuisinière dans un hôtel de la même rue, et qu'elle allait faire le marché tous les matins.
Peut-être que Fernande venait d'arriver sur Paris?
Fernande est en effet originaire du village de Brauvilliers dans la Meuse, où elle est née en 1888 du mariage d'Aimé Gaillet et Hermance Lombard.
Beaucoup de meusiens et notamment d'habitants de Brauvilliers allaient sur Paris pour le travail. Le témoin, Marie LALIRE, est d'ailleurs une cousine à Fernande, domestique dans le VIIIème arrondissement.
Fernande n'avait a priori pas fait ce choix.
Mais ça, c'était avant!
...avant la guerre...
...avant de rencontrer...Eugène, ajusteur, qui travaillait aux carrières de pierre de Brauvilliers. Étant originaire du village des Carrières d'Euville, toujours dans la Meuse, il avait sûrement été muté dans ce village à l'autre bout de la Meuse.
D'après sa fiche matricule militaire, Eugène Adrien Petit, est signalé comme habitant à Bar-Le-Duc en 1909 non loin de Brauvilliers.
Le 8 juin 1914, avant la Grande Guerre, il réside...à Brauvilliers.
Cela veut dire qu'ils se sont rencontrés entre 1909 et 1914.
Quelques cartes postales, ici bas, nous le montrent.
Eugène envoie une carte de lui et de ses camarades soldats à Mademoiselle Fernande Gaillet à Brauvilliers, par Savonnières en Perthois.
Collection personnelle de Benoît PETIT

Collection personnelle de Benoît PETIT
Il est alors avec ses conscrits, sa classe de 1909 j'imagine?
Mon grand-père y a noté qu'il a passé 21 jours à Pontarlier.
Par contre, je ne sais pas de quand date cette carte: 1909? ou plutôt après?
En 1914, Eugène est envoyé au 5ème régiment d'artillerie au Fort de Gironville, toujours dans la Meuse.
C'est à cette période que mon arrière grand-mère lui envoie cette carte postale:
Fernande Gaillet - collection personnelle
"Souvenirs de celle qui vous aime, 
Fernande"
Collection personnelle de Benoît Petit
Après la participation d'Eugène à la bataille du Bois-le-Prêtre, il fût détaché le 27 février 1916 aux usines Delaunay-Belleville à St Denis, marque française d'automobiles de luxe créée en 1904 par deux frères, Pierre et Robert Delaunay Belleville.

Il passât ensuite le 16 août 1918 à la manufacture Estampagne Nord Est Pantin qui servit à la fabrication d'obus.
Pendant tout ce temps, entre 1916 et 1919, Fernande garde contact avec Eugène.
Collection personnelle - Benoît PETIT
Collection personnelle - Benoît PETIT
Lorsque mon arrière grand-père est envoyé en congé de démobilisation le 3 août 1919, Fernande part (s'enfuie?) de chez ses parents et va rejoindre Eugène sur Paris, pour se marier le mois d'après...

dimanche 1 juin 2014

B comme BONNIN Jean-Baptiste, berrichon décédé à Auberive (51) #challengeAZ

Je continue ce #challengeAZ en vous parlant  de Baptiste décédé loin de chez lui, thème de  ce challenge 2014.

Baptiste, comme il se dénommait dans les cartes postales envoyées à ses parents, était le frère de grand-mère Guiguite, mon arrière grand-mère, que j'ai connu, ou plutôt dont je me rappelle, même si j'avais moins de 10 ans.

Baptiste était son plus jeune frère.

Né le 18 juillet 1895 à La-Celle-Condé, petit village berrichon, jouxtant la ville de Lignières, dans le Cher, il était le fils de Michel Bonnin et Marie-Louise Daoût.
Archives départementales du Cher -La Celle-Condé - 1893-1899 3E 5437




Ma grand-mère m'avait indiqué lors de mes premières recherches généalogiques qu'il était décédé pendant la Première Guerre Mondiale.
J'avais alors découvert son nom inscrit sur le monument aux morts de La Celle-Condé.
En 1994, j'ai écrit au Ministère des Anciens Combattants et victimes de Guerre qui m'a de suite envoyé les renseignements sur les conditions de son décès.

Jean-Baptiste était soldat au 334ème Régiment d'infanterie, avec le matricule 643.
Il est mort pour la France le 9 novembre 1917au sous secteur Golfe près d'Auberline (Marne).

Ces informations sont confirmées par le site Internet Mémoire des Hommes, à ceci près, que son lieu de décès est Aubérive et non Auberline. Il était soldat de 2ème classe.
Site Mémoire des Hommes

Je ne donnerai pas plus d'informations que j'en ai déjà donné lors de mon dernier article sur Baptiste en février dernier (Ma participation à la Grande Collecte). J'ai ainsi pu découvrir qu'il avait été enterré non pas dans son Berry natal mais dans une nécropole nationale.
Collection personnelle - Benoît PETIT
J'ai décidé de réécrire sur Baptiste afin de faire partager les écrits d'une de ses cartes postales adressée à ses parents, et qui montre le quotidien d'un "poilu":
 
« Lundi 6 septembre 1915

Chers parents

Je viens passer un petit moment avec vous pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes ainsi que tous les copains. Et je souhaite que ma carte vous trouve de même qu'elle me quitte. En ce moment je suis sans une « sape » en première ligne pendant que les obus sifflent et tombent pas bien loin de nous, mais il faut prendre courage et les laisser tomber, c'est au petit bonheur et la veine qui décide tout cela mais en attendant ce n'est pas bien gai de voir passer sa jeunesse dans des positions comme celles-ci.
Aujourd'hui le temps est un peu rétabli, l'eau ne tombe pas c'est le principal
Cher sœur, la vue que je t'envoie la, c'est la vie de Commercy pendant qu'il y en a qui se font casser la figure les autres chantent et vont au cinema le soir pour se désennuyer c'est pour cela que l'on a pas le temps de trouver le temps long les 8 jours qu'on y passe car on se dirait tous les jours à une fête
il faut le voir pour le croire que les gars de ville ne s'en font pas et ne trouvent pas le temps long eux
j'ai reçu des nouvelles des cousins Les Soumard et du cousin Abel de Montlouis aussi
tout le monde se dit toujours en bonne santé
je vois plus rien à vous dire
Je finis en vous embrassant bien des fois
Votre fils pour la vie
Bonnin Jean-Baptiste »

 

  Extrait Site Mémoire des Hommes - Fiche sépulture

Jean Baptiste BONNIN

Mort pour la France le 09-11-1917 (Auberive-sur-Suippes, 51 - Marne)

Né(e) le/en 18-07-1895 à La Celle-Condé (18 - Cher)

Carrière
Sépulture















jeudi 22 mai 2014

Ma participation à l'émission radio "14 Mémoire" sur IDFM Radio Enghien #1GM

Le 25 mars dernier, j'ai eu le grand plaisir d'être invité par Julie Boucher, journaliste à la radio sur IDFM Radio Enghien, qui a reçu le label "Centenaire" pour son émission "14 Mémoire".

Le label « Centenaire » permet de distinguer les projets les plus innovants et les plus structurants pour les territoires. Il permet aux projets retenus de figurer sur le programme national officiel des commémorations du Centenaire et d’être éligible à un financement de la Mission du Centenaire. Il confère ainsi de nombreux avantages : visibilité nationale et internationale, notamment à travers sa mise en ligne sur l’agenda du Centenaire, gage de qualité garantissant au projet d’avoir été reconnu comme innovant, structurant et original parmi d’autres propositions, appui de la Mission du Centenaire auprès de financeurs et de partenaires publics et/ou privés de la Mission du Centenaire et éligibilité à un financement de la Mission du Centenaire. Le label est un préambule nécessaire et obligatoire pour obtenir, le cas échéant, un financement de la Mission du Centenaire. 

L'émission "14 Mémoire" a pour but de faire parler les descendants de poilus afin qu'ils nous évoquent l'histoire de leurs ancêtres, et des souvenirs qui ont traversé les années.

Ma participation a donné lieu à 2 émissions qui ont été diffusés courant avril ; les 3 et 14 avril 2014 très exactement.
J'ai eu l'occasion d'y parler de mes arrières grand-pères, de mes trouvailles sur leur passé militaire, et de ce qu'ils ont transmis à travers les cartes postales ou photos notamment.

Afin de faire perdurer cette émission, Julie et ses collègues ont grandement besoin de nouveaux volontaires qui ont des informations sur leur famille et la Grande Guerre.

Vous, mes lecteurs, qui êtes de prêt ou de loin, intéressés par la généalogie ou l'histoire, si vous avez des documents ou des souvenirs de vos aïeux, ou des objets qui ont un rapport avec l'histoire familiale, contactez moi et je vous communiquerai les coordonnées de Julie Boucher.


jeudi 27 février 2014

Ma participation à la Grande Collecte #1gm #geneatheme

Lundi 24 février dernier, j'ai profité de mon weekend berrichon prolongé, pour faire une bonne action généalogique que je devais faire il y a déjà plus de deux mois.
A savoir: confier un document en lien avec la 1ere Guerre Mondiale.
J'avais contacté les Archives Départementales du Cher en décembre suite à la Grande Collecte organisée en novembre et destinée à recueillir le maximum de documents de famille en lien avec la guerre.
Pour rappel, en France, une Grande Collecte s’est déroulée du 9 au 16 novembre 2013.
Grâce à la coopération de la Bibliothèque Nationale de France, des Archives de France et de leur réseau, d'Europeana et de la Mission du Centenaire, plus de 100 lieux répartis sur tout le territoire ont ouvert leurs portes à cette occasion. Plusieurs milliers de contributeurs sont venus témoigner de leur histoire familiale en lien avec la Première Guerre mondiale. Des milliers de nouveaux témoignages personnels enrichissent ainsi le site Europeana. Ces histoires sont toutes illustrées par quelques documents qui retracent la vie quotidienne des soldats et de leurs familles.

A en croire les archives départementales du Cher, la Grande Collecte a tenu ses promesses. En effet, 115 personnes sont venues partager leurs souvenirs familiaux sur la Première Guerre.

Et moi dans tout ça? J'arrive un peu après la bataille...Mais les archivistes sont toujours friands de nouveaux documents qui doivent concerner des berrichons du Cher de préférence.


Le document en question est le carnet de guerre de mon arrière grand-oncle Jean-Baptiste BONNIN né le 18 juillet 1895 à La Celle-Condé dans le Cher.

Jean-Baptiste BONNIN - collection privée Benoît PETIT

Il est le plus jeune frère de mon arrière grand-mère Marguerite, tous les deux enfants de Michel Bonnin et Marie-Louise Daoût.


Ma grand-mère m'avait confié son carnet durant mon adolescence alors que j'étais au tout début de mes enquêtes généalogiques.

Collection privée Benoît PETIT

Collection privée Benoît PETIT - mention de l'adresse de son frère

Pourquoi confier son carnet de guerre?
Tout d'abord parce que j'ai la chance d'en posséder quelques uns.
Mais également parce que Jean-Baptiste est décédé pendant la Grande Guerre : tué à l'ennemi le 9 novembre 1917.
Il fût ensuite déclaré Mort pour la France (fiche sur le site Mémoire des Hommes)

Revenons à nos moutons ou à notre document du mois, respectant ainsi le challenge du mois de Sophie Boudarel ;-)
Lundi matin, je suis arrivé aux Archives et ai contacté le responsable de la collecte qui m'a recu très gentiment.
Il a tout d'abord examiné le document pour voir s'il concernait bien un "poilu" du département.
Il a ensuite recherché la fiche matricule de Jean-Baptiste que je n'avais pas (les registres n'étant pas encore en ligne).

Nous avons également cherché ensemble sur le site Mémoire des Hommes s'il avait bien été rapatrié dans le Cher. Il se trouve que sa sépulture se trouve dans la nécropole. Je n'avais pas vérifié sur le site et j'étais persuadé qu'il reposait à La Celle-Condé!
Il repose en effet à Aubérive, dans la Marne, lieu de son décès, dans la nécropole nationale "Bois-du-puits".


Ma visite aux archives fût donc source d'informations.
Cela ne s'arrête pas là puisque je compte bien confier aux Archives des cartes postales qu'il a écrit à sa famille ainsi que quelques photos de lui afin de réaliser son portrait.

Formulaire de contribution et de dépôt d'un document
J'ai également fait part à l'archiviste d'autres carnets en ma possession et lui ai montré l'article sur mon arrière grand-père Eugène Préhau, poilu survivant, ce qui a suscité son intérêt.

Et vous? Avez-vous des documents relatifs à la Grande Guerre et en avez-vous déposé?

dimanche 24 novembre 2013

Eugène Préhau - 1915 à 1919 (3ème et dernière partie)

Dernier épisode du parcours d'Eugène Préhau lors de la première guerre mondiale...

1915 à 1917 : 114ème régiment d'artillerie lourde

Dans le dernier article, nous en étions restés à la commune de Srempair? qui se trouve sûrement dans la Somme.
Après la bataille de la Somme, Eugène s'est déplacé dans la Marne, comme évoqué sur son carnet ici-bas :
Grand embarquement
débarquement à sint ilaire au temple dans la Marne (Saint-Hilaire-au-Temple)
suipe (Suippes)
franche villle (Francheville)
sint julien ?
suipe (Suippes)
trou bricot
maison de champagne (Maisons en Champagne)

Eugène est alors parti de la Marne pour le Territoire de Belfort et la Haute-Saône :
embarquement à Vitry le françois
débarquement à Belfort
le Ban de champagney
Champagney

Collection personnelle - Carnet de guerre Eugène Préhau

Je suppose que lors de la traversée de ces communes, il faisait déjà parti du 114ème régiment d'artillerie lourde.
Le site Internet "ancestramil" m'apporte des précisions sur ce régiment mais difficile d'associer les dires d'Eugène et les écrits du site.

La fiche matricule d'Eugène dit, en effet, qu'il a été envoyé au 114è RAL en 1915 alors que l'historique du régiment sur Gallica indique que ce régiment a été créé le 29 février 1916...difficile pour moi de m'y retrouver.

Continuons cependant le parcours d'Eugène et je me fierai donc aux dires d'Eugène, même si l'on doit toujours se méfier des dires des aïeux :-)
Eugène continue son parcours en Haute-Saône :
Collection personnelle - Carnet de guerre Eugène Préhau


frayier (Frahier)
Romchamp

embarquement à Belfort le 1er mars 1916
débarquement à Ligny en Barrois le 2 mars (dans la Meuse)

arrivé à Verdun le 10 mars au camp du tremblait (ferme du Tremblais à côté d'Haudainville?)
monteron (Les Monthairons)
couenon
dieu (Dieue sur Meuse)
audinville (Haudainville)
génicourt Génicourt sur Meuse)
aundinville (Haudainville)
somedieu (Sommedieue)

le 5 mars 1916
20 balon captifs
emporté par la foudre
dans les lignes ennemies


Les ballons captifs servaient à observer les lignes ennemies.
Le site Carnet de Vol explique très bien la construction, la préparation de ces ballons captifs.

"Le ballon captif, relié au sol par des câbles fixés à un treuil à vapeur, est sphérique, de 750 m3 (ballon dit "type E", de siège. Il permet l'observation à deux, à 800m d'altitude, seulement par des vents ne dépassant pas les huit mètres à la seconde, c'est à dire à peu près trente Km/h), ou cylindrique (modèle allemand baptisé "Drachen" -dragon- nettement supérieur au sphérique, rapidement construit dès octobre 1914 par l'Etablissement central de Chalais-Meudon 820 mètres cubes, portés plus tard à 900). Rapidement, les spécialistes constatent la mauvaise stabilité du modèle sphérique, et, dès 1914, est développée la célèbre "saucisse", ballon allongé de 800 m3 équipé d'une queue à godets (cylindrique amélioré) comme les cerfs-volants pour en améliorer l'orientation dans le vent. Le treuil à vapeur est remplacé par un treuil automobile."
Ce ballon servit à l'entraînement d'officiers au parachutage. II était essentiel, en effet, de pouvoir évacuer le Caquot, si l'équipage au sol ne parvenait pas à le faire redescendre assez vite en cas d'attaque par l'aviation adverse. Une évacuation réussie était considérée comme équivalente à une victoire aérienne.
Source : http://histoire-militaire.pagesperso-orange.fr/aviation/ballonobservations.htm
http://www.premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com/image/uploader/uploadify/article/photo/123-1-1-ballon-captif-la-saucisse.jpg
Source : http://www.premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com/image/uploader/uploadify/article/photo/123-1-1-ballon-captif-la-saucisse.jpg

107ème régiment d'artillerie lourde 
du 21 février 1917 au 17 juillet 1919

Conformément à sa fiche matricule, Eugène part le 21 février 1917 pour Dôle où il va rejoindre la Marne puis la Meuse :
Collection personnelle - Carnet de guerre Eugène Préhau

----------------------------
arrivé au dépôt de Dole
Jura le 21 février 1917
----------------------------
arrivé à Chalon sur Visle Marne 
le 30 juin 1917
au camp dist Visvier

nixidille
Lime
Camp baleinne
Lampire
can Bouot

Je n'ai pas pu trouver ces dernières communes...

Collection personnelle - Carnet de guerre Eugène Préhau
En haut à gauche, Eugène précise son régiment d'alors : 107 at. 3ème bataillon de 105

Centre d'organisation d'artillerie lourde ....

Y sont présentes également les adresses de ses beau-frères, dont Jean-Baptiste Bonnin, mort pour la France, et auquel je dédierai plusieurs articles.

Enfin, Eugène indique :
"occupation en Allemagne
dans la ville de eupire...cufine??
arrivé le 11 décembre"

Je savais que mon arrière grand-père était allé en Allemagne à la fin de la guerre, et il avait même ramené un objet en porcelaine de Saxe (d'après ma grand-mère...). Mais malheureusement je n'arrive pas à lire la ville mentionnée :-(

Cependant, 2 cartes de mon arrière grand-père ont retenue mon attention.

La première carte postale date du 12 décembre 1918 et vient de Bruxelles.

Collection personnelle

Collection personnelle
Le 12 décembre 1918
Chère Marguerite
Je fais réponse de suite à ta lettre du 6 qui m'a
fait un grand plaisir surtout que santé va toujours
bien c'est le principal pour moi ça va toujours
pour l'instant je te dirai qu'on est rentré en allemagne
hier au soir à (enser...?même ville que sur le carnet de guerre...) on était pas beaucoup
regardé par les civils écoute ils ont des sales
têtes de "boche" ils nous regardent ...presque comme
un chien on nous a dit qu'on restait un peu de
temps où on peut on couche chez des civils dans
une chambre sur des matelas on était pas mal
ils causent le français enfin plus rien à te dire
je te ferai une longue lettre demain au revoir
ton mari qui t'aime et qui t'embrasse
bien des fois à toi pour la vie
Eugène

La deuxième date du 14 janvier 1919 et vient d'Aix-la-Chapelle en Allemagne:
Collection personnelle

Collection personnelle
 le 13 janvier 1919
Chère Marguerite
Je fais réponse à ta lettre du 8 qui m'a fait
un grand plaisir surtout que tu me dis que
le pauvre vieux alexandre ait...
tu parle d'une pour lui et vivement que je
parte en pause pour le voir enfin mon cher
petit tu me dis que je te parles pas si j'ai
reçu mon billet de 5 fr. ca m'étonne
pas ce que je t'oublie jamais la lettre peut bien
être perdue ou... un wagon qui a pris 
feu et avoir du tabac enfin la somme est 
pas forte mais c'est embêtant quand même
enfin mon cher petit plus rien à te dire que
la santé va toujours bien je t'ai pas écris
tout la journée en corvée en
Belgique ton mari qui
t'embrasse bien
Eugène

Eugène a été envoyé en congé de démobilisation le 17 juillet 1919 et s'est retiré à La Celle-Condé après 5 ans de séparation familiale!


Pendant tout ce temps, Eugène aura conservé ce souvenir dans son carnet de guerre :



Merci à ceux qui suivent le parcours d'Eugène Préhau, mon arrière grand-père, pendant la 1ère guerre mondiale.
J'espère pouvoir faire de même pour mes 3 autres arrières grand-pères, et pouvoir lire les aventures de vos bisaïeux bientôt sur vos blogs :-)

dimanche 17 novembre 2013

Eugène Préhau - Bataille de la Somme 1914-1915 (2ème partie)


Le service militaire d'Eugène

En 2011, lors d'une visite aux archives départementales du Cher, j'ai réussi à accéder à la fiche matricule de mon arrière grand-père Eugène Préhau, présentée ci-dessous:
Archives départementales du Cher - Registre matricule 1908 Bourges - série 2R n°672
J'y retrouve beaucoup plus d'éléments que dans son livret militaire, et, bien évidemment, le signalement physique est le même.
J'apprends qu'Eugène a commencé son service militaire le 8 octobre 1909 au 30ème régiment d'artillerie de Neufchâteau dans les Vosges.
Il est passé ensuite au 60ème régiment d'artillerie de campagne en tant que 2ème canonnier conducteur le 1er mars 1910.

Je possède une photo d'Eugène dans un uniforme militaire. Vu son visage, il me semblait plus jeune que sur les autres que j'ai de lui pendant la guerre. La voici:
Mon arrière grand-père Eugène Préhau - collection personnelle
Cette photo m'indique qu'il était à Troyes. Son uniforme ainsi que la banderole tout en haut de la photo m'informent qu'il était au 60ème régiment d'artillerie.
Le croisement de cette photo avec la fiche matricule me permet de la dater vers 1910.
Sur cette photo, Eugène avait ainsi aux alentours de 22 ans, et il s'agit donc d'une photo datant d'avant la "Grande Guerre".

Comme le signale la fiche matricule, ainsi que le livret militaire, Eugène a finit son service et fût envoyé en congé le 24 septembre 1911 et est passé dans la réserve le 1er octobre 1911.
Il se retire à La Celle-Condé, sa commune de résidence, après avoir reçu la somme de cinq francs quarante cinq pour effectuer le voyage entre Troyes et La Celle-Condé (dixit le capitaine commandant).


L'entrée en guerre et la bataille de la Somme

Comme mentionné dans l'article précédent, Eugène a été mobilisé et est parti de Bourges (Cher) le 18 octobre 1914.
Archives départementales du Cher - Registre matricule 1908 Bourges - série 2R n°672
Sa fiche matricule précise qu'il a été rappelé à l'activité par l'ordre de mobilisation générale du 1er août 1914. Le site Gallica contient une affiche avec la date du 2 août...Y-a-t-il eu plusieurs dates de mobilisation...?
Armée de Terre et Armée de Mer. Ordre de mobilisation générale... Dimanche 2 août 1914... : [affiche] / [non identifié] - 1
Source Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9017865v

Il est arrivé au corps le 3 août 1914 ; je suppose à la caserne de Bourges.
Eh oui, c'est bien à Bourges puisque sur la colonne de droite de sa fiche matricule, il est mentionné "1er régiment d'artillerie de campagne à Bourges".
Il devait sûrement être ainsi mis à disposition de l'armée, en attente d'une affectation.
Il est passé au 114ème régiment d'artillerie lourde le 1er novembre 1915.
Donc, entre le 3 août 1914 et ce 1er novembre 1915, Eugène est intégré au 1er régiment d'artillerie de campagne.
Afin de retracer la chronologie du parcours d'un combattant, il est nécessaire de jongler entre le "récit" inscrit à gauche et les différents régiments indiqués dans la colonne de droite.
Pour Eugène, l'exercice est assez aisé, mais ce n'est pas le cas pour mon autre arrière grand-père Eugène PETIT, que j'évoquerai dans un autre article.

Eugène indique sur son carnet de guerre, qu'il est arrivé le 21 octobre 1914 au quesnil en sentaire dans la Somme... Il faut lire "Le Quesnel en Santerre" qui se trouve effectivement dans la Somme, à proximité d'Amiens.

Ci-dessous la liste des communes qu'il a traversées jusqu'en 1916 au moins (toutes les étapes n'étant pas datées...):
 

 Le Quesnel
Méricourt
Folie (Folies)
Quesnois (Parvillers-Le Quesnois?)
Albert
Arbonier (Harbonnières?)
Engis?
Chanigne (Chuignes?)
Dampière (Dompierre-Becquincourt)
Glisy
Elaneuville
Brait (Bray sur Somme)
Capit (Cappy)
Beaufor (Beaufort en Santerre)
Arvilliers (Warvillers)
Parvilliers (Parvillers)
Quait (Caix)
Quailleux (Cayeux en Santerre)
Suzane (Suzanne)
Vrélit (Vrély)
Miaricourt (Méharicourt)
Moricelle (Morisel)
Roy (Roye)
Guerbigny
Mondidier (Montdidier)
Varsy ??
Lignières?
Beaches dans loise (Biaches...?)
Le falaise?
Srempaire...??

Avec l'aide de Wikipédia (liste des communes de Somme), j'ai réussi à retrouver la majorité des communes qu'Eugène a traversé.

J'ai vérifié sur le site chtimiste qui contient les parcours et des photos des différents régiments ayant participé à la première guerre, mais curieusement, les endroits évoqués ne correspondent pas avec ceux évoqués par mon arrière grand-père! Le 1er régiment d'artillerie est indiqué comme étant arrivé à Sarrebourg et basé ensuite en Lorraine jusqu'en 1915.
http://chtimiste.com/
Je m'en tiens bien évidemment aux dires d'Eugène : preuves à l'appui!

En effet, plusieurs photos-cartes postales en ma possession évoquent le village de Guerbigny où a séjourné Eugène en juillet 1915.
Collection personnelle
Carte envoyée par son compagnon de guerre :
Souvenirs de la guerre - En observation au bois "102"- Guerbigny 10 juillet 1915

Collection personnelle - Eugène Préhau à droite
Carte envoyée par son compagnon de guerre :
Souvenirs de la guerre "Notre chambre"- Guerbigny 18 juillet 1915

Collection personnelle - Eugène Préhau en bas à gauche, assis
Une série de correspondances datant de 1915 avec Marguerite, son épouse, évoquent sa vie quotidienne (j'ai choisi volontairement de corriger les fautes d'orthographes pour que ce soit plus compréhensible) et les villages du Quesnel et de Bray sur Somme.


Collection personnelle

Collection personnelle - verso de la carte précédente
Quenelle en sentairre some (Le Quesnel en Santerre)
dimanche 10 janvier 1915
Ma chère Marguerite
Je t'écris ces deux mots pour te dire de mes
nouvelles je te dirai que je suis toujours
en bonne santé j'espère que ma carte te trouve
de même je te dirai que je suis plus à Braise (Bray sur Somme)
on est retourné à quenelle je te dirai que l'eau
tombe tous les jours je t'envoie une de mes
carte mais je suis pas bien joli mais on est aussi
mal pris enfin ma chère Marguerite je n'ai
plus pas grand chose à te dire pour le moment je
désire que ma lettre te trouve en bonne santé
et tu me récriras que tu m'envoies ces bonnes nouvelles
je finis et je t'embrasse de tout mon cœur
ton mari à toi pour la vie Eugène Préhau
au 1er d'artillerie 10e
batterie de 120 long 9°(...)
Bureau Central Militaire Paris

La mention du régiment et du bataillon concorde bien avec ce qui est mentionné sur la fiche matricule et est confirmé par la photo ci-dessous.

Photo d'Eugène dans le 1er régiment d'artillerie, en bas, 2ème à compter de la gauche:
Collection personnelle - 1er RAC - 10ème batterie 120 long
Collection personnelle

Collection personnelle - verso de la carte précédente

"Mercredi le 18 juin 1915
Ma chère Marguerite
Tu me pardonneras si je t'ai pas souhaité ton anniversaire je n'y ai pas songé mais ça fait rien je vais t'envoyer une petite jolie carte quand même
je sais pas comment on vit
on vit quand même beaucoup de bombardements
ça dit pas grand chose
le plus à craindre c'est la tôle qu'il jette
ces bombes mais on se cache dans les caves
enfin ma chère Marguerite je finis en bonne santé et j'espère qu'il te trouve de même
ton mari qui t'embrasse et qui t'aime pour la vie 
Eugène
(Bonne santé à Léon) (Tu embrasseras ma petite fille)"

L'écriture de cet article m'a permis de revenir sur un épisode de la guerre qui est celui de la Bataille de la Somme. Je l'avais bien étudié à l'école mais les évènements actuels m'ont permis de me rappeler l'horreur vécu sur cette bataille.
Un document très bien conçu parle de cette bataille et est transmis par le site "centenaire de la guerre":
"Sites de la première guerre mondiale - le guide - la Somme".

Cela m'a appris également que mon arrière grand-père avait fait cette bataille.
Les photos récupérées permettent de donner une dimension autre et encore plus émouvante sur un des épisodes de sa vie.
La recherche, se faisant en parallèle de l'écriture de cet article, prend un peu de temps mais c'est très enrichissant et j'aurai peut-être l'occasion de visiter ces sites.

Je vous laisse, pour un 3ème et dernier épisode de la guerr vécue par Eugène entre 1915 et son retour en 1919).

Merci de me suivre.