jeudi 5 juin 2014

F comme Fernande GAILLET, partie trouver...son amoureux! #challengeAZ



Le jeudi 11 septembre 1919, le lieutenant-colonel du cadre de réserve Alfred Dreyfus est élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur lors d’une cérémonie de prise d’armes dans la cour des Invalides.
Rue du Faubourg Saint Martin, le même jour, Fernande Gaillet et Eugène Petit, mes arrières grand-parents, se marient devant l'adjoint au maire du Xème arrondissement de Paris, à savoir Roger Duprat.

Tous les deux meusiens d'origine, ils habitent ensemble au 4 rue des Petites Écuries, non loin de la mairie.
Si sur l'acte de mariage, Eugène est dit ajusteur de profession, Fernande est déclarée dans profession.
Eugène Petit - collection personnelle
Mon grand-père m'a pourtant raconté qu'elle travaillait comme cuisinière dans un hôtel de la même rue, et qu'elle allait faire le marché tous les matins.
Peut-être que Fernande venait d'arriver sur Paris?
Fernande est en effet originaire du village de Brauvilliers dans la Meuse, où elle est née en 1888 du mariage d'Aimé Gaillet et Hermance Lombard.
Beaucoup de meusiens et notamment d'habitants de Brauvilliers allaient sur Paris pour le travail. Le témoin, Marie LALIRE, est d'ailleurs une cousine à Fernande, domestique dans le VIIIème arrondissement.
Fernande n'avait a priori pas fait ce choix.
Mais ça, c'était avant!
...avant la guerre...
...avant de rencontrer...Eugène, ajusteur, qui travaillait aux carrières de pierre de Brauvilliers. Étant originaire du village des Carrières d'Euville, toujours dans la Meuse, il avait sûrement été muté dans ce village à l'autre bout de la Meuse.
D'après sa fiche matricule militaire, Eugène Adrien Petit, est signalé comme habitant à Bar-Le-Duc en 1909 non loin de Brauvilliers.
Le 8 juin 1914, avant la Grande Guerre, il réside...à Brauvilliers.
Cela veut dire qu'ils se sont rencontrés entre 1909 et 1914.
Quelques cartes postales, ici bas, nous le montrent.
Eugène envoie une carte de lui et de ses camarades soldats à Mademoiselle Fernande Gaillet à Brauvilliers, par Savonnières en Perthois.
Collection personnelle de Benoît PETIT

Collection personnelle de Benoît PETIT
Il est alors avec ses conscrits, sa classe de 1909 j'imagine?
Mon grand-père y a noté qu'il a passé 21 jours à Pontarlier.
Par contre, je ne sais pas de quand date cette carte: 1909? ou plutôt après?
En 1914, Eugène est envoyé au 5ème régiment d'artillerie au Fort de Gironville, toujours dans la Meuse.
C'est à cette période que mon arrière grand-mère lui envoie cette carte postale:
Fernande Gaillet - collection personnelle
"Souvenirs de celle qui vous aime, 
Fernande"
Collection personnelle de Benoît Petit
Après la participation d'Eugène à la bataille du Bois-le-Prêtre, il fût détaché le 27 février 1916 aux usines Delaunay-Belleville à St Denis, marque française d'automobiles de luxe créée en 1904 par deux frères, Pierre et Robert Delaunay Belleville.

Il passât ensuite le 16 août 1918 à la manufacture Estampagne Nord Est Pantin qui servit à la fabrication d'obus.
Pendant tout ce temps, entre 1916 et 1919, Fernande garde contact avec Eugène.
Collection personnelle - Benoît PETIT
Collection personnelle - Benoît PETIT
Lorsque mon arrière grand-père est envoyé en congé de démobilisation le 3 août 1919, Fernande part (s'enfuie?) de chez ses parents et va rejoindre Eugène sur Paris, pour se marier le mois d'après...

6 commentaires:

  1. Intéressant et bien documenté, bravo!

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  2. Belle histoire, abondamment illustrée grâce aux courriers échangés, c'est merveilleux d'avoir de tels trésors.

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  3. Excellent billet Benoit, c'est passionnant ! Les photos d'époque sont superbes ! Bravo !

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  4. Belle histoire en effet, qui suscite plein de questionnements : pourquoi Fernande n'a-t-elle pas rejoint Eugène à Paris plus tôt, puisqu'il n'était plus sur le front ? Pourquoi le mariage n'a-t-il pas eu lieu dans la Meuse, auprès des parents de Fernande ? Les parents de Fernande étaient-ils hostile à cette union ?...

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  5. Une belle histoire, quelle chance d'avoir conservé ces échanges !

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  6. Effectivement, une vraie chance d'avoir tous ces documents, photos, lettres et cartes postales !
    Je rejoins la remarque de Venarbol, les parents étaient-ils hostiles au mariage ? (tu emploies d'ailleurs de le terme "s'enfuie").

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